GALERIE NATHANAELLE NEFFE ATELIER DE GRAVURE & LITHOGRAPHIE 14600 HONFLEUR France
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HONFLEUR SOUVENIRS ET REVERIES
LES PEINTRES DE L'ESTUAIRE EX-VOTO de Lucie Delarue-Mardrus
Honfleur, la Belle. Honfleur, la mélancolique, Honfleur la tendre, la joyeuse, l’orageuse… Depuis plus de deux siècles cette grande dame fait rêver le poète, le peintre, le musicien. Chacun y est passé, charmé par une atmosphère et une magie que l'on ne trouve nulle part ailleurs : cette petite ville de province, aux reflets changeants, si bien cernée par Lucie Delarue-Mardrus dans son roman l'Ex-voto, a toujours eu l'effet d'un aimant.
Monet, Bazille leur succéderont, puis les peintres Nabis Vuillard, Vallotton et Maurice Denis. Les Fauves, Dufy, Friesz, Saint-Delis, acquièrent une renommée nationale, puis Honfleur voit arriver des peintres venus du Nord et de l’Est de la France : Driès, Gernez, Herbo. Lagar, Grau-Sala, Fillon, Hambourg, Kosmowski ont eux aussi été charmés par ce petit village de province au reflet changeant. Bouyssou, Lavoine, Loriot furent dans les derniers à suivre les traces des Impressionnistes à Honfleur. Ces artistes, d'entre deux guerres, ont marqué la fin d'un grand souffle qui, pendant des générations, a fait le renom d'Honfleur. Le charme de l'estuaire a opéré pendant plus d'un siècle. Tous se sont arrêtés sur les rivages de la Seine, sur les graves de Villerville, dans les champs aux alentours de la ferme Saint-Siméon, sur les quais de Honfleur, et dans ses petites ruelles. Tous ont offert une image à cette poésie ambiante, à cette magie.
C'est ainsi. Avec le temps les mots, les vers, les histoires, les toiles, les aquarelles, les croquis, les notes de musique ont fait chanter, parler et construit l'histoire ; une authentique culture de la peinture et de l'art s'était instaurée et était transmise aux plus jeunes. Mais cette culture s'est épuisée : Nous nous trouvons dans une ville qui existe sur des acquis, sur des valeurs sûres qui sont petit à petit en train de s'épuiser.
"... Au bout de la jetée solitaire, la mer montante déferle comme autour de l’étrave d’un navire. Les nuages courent en biais, les vagues de même. L’écume blanche et le large noir barrent durement le crépuscule fauve …" Lucie Delarue-Mardrus, L’ex-voto. Ce que certains ont mis en couleurs, cette " sirène de l’estuaire " (André Albert-Sorel) a su le mettre sur papier, avec des mots simples, les mots d'une normande amoureuse de sa ville.
Le climat paisible et tourmenté de la vie d'Honfleur, elle nous l'offre à travers Ludivine, Delphin, les Bucailles et bien d'autres. C'était un temps où l'existence et les destinées étaient bercées par les saisons, la pêche et les tempêtes. C'était le temps où la ville n'avait pas commencé à perdre son identité, la pluie battait ces façades grisâtres qui, lorsque qu'une éclaircie venait les caresser, semblaient appeler la douceur de ces couleurs mille fois changeantes.
Une douce musique émanait des rues lorsque les barques pointaient leur foc, ce compagnon de tempête, dans l'avant port et que, miracle, tous les pêcheurs rentraient sains et sauf.
Lucie Delarue-Mardrus savait si bien conter Honfleur ; son amour obsessionnel et sans limite pour ce petit port de province lui a transmis les expressions et les mots appropriés ; lors de sa première parution en 1922, chaque habitant : le monde des pêqueux, les femmes, les familles, les horsains (ces Parisiens ou ces Anglais fraîchement débarqués), tous ont pu se retrouver à travers les personnages de cette histoire d'amour.
Elle serait étonnée, la sirène d'Honfleur, d'apercevoir, aujourd'hui un tel désastre. Elle disait déjà, dans L’ex-voto: "... gens de Normandie, race aimée, ma race, quel sinistre vous insuffla le vice qui, lentement, vous fait perdre votre noblesse native, finesse, intelligence, et robustesse qui vous était restée de vos ancêtres conquérants ? …" L'alcool, l'ennuie et l'appât du gain a fait tout doucement chavirer des richesses accumulées et transmises depuis des générations.
Certes les mentalités n'ont pas beaucoup changé, l'histoire de Ludivine et de Delphin, à peu de choses près, pourrait se dérouler en l'an 2000. La haine viscérale pour les Havrais (les gens d'en face), pour les étrangers et les Parisiens est toujours là, comme si le fait d'appartenir à cette bourgade leur donnait le droit d'avoir ce ton suffisant et dédaigneux envers tout ce qui ne sort pas des entrailles du port et de la ville même.
"... Elle a ses bourgeois, la ville, comme partout, ses commerçants et aussi ses ouvriers … Mais elle a ses pêcheurs qui ne sont qu’à elle …" Les descendants des Vikings. Il est vrai que nous n'apercevons plus que quelques voiles de vieux gréements, restaurés par des amoureux de la tradition. Les rares bateaux de pêches sont maintenant mécanisés, les sorties en mer sont toujours rythmées par cette mer et cet estuaire, qui peuvent être semblables à la douceur d'une brise caressante puis, l'instant d'après, gronder avec férocité.
Jules-Gustave BAHIEU Pêcheurs à Sainte-Adresse, 1876. Hst 42x70 Musée Eugène Boudin, Honfleur - France
Lucie Delarue-Mardrus - Poète et romancière sculpteur et dessinatrice née à Honfleur en 1874
" Femme du Docteur Mardrus, traducteur des Mille et une Nuits, auteur de livres de vers et de plus de 50 romans, elle a présenté, dans les dernières années de sa vie, des sculptures au Salon de la Société Nationale dont : Danseurs nus (figurine) Dame Patricia, son nègre et son galant (figurine) Deux danseuses et un indifférent. " EB/G.
Elle écrit en 1921 l'Ex-voto sur la vie à Honfleur au début du 20ème siècle. Ferveur 1902 - Horizons 1904 - la Figure de proue 1908 - le Roman de six petites filles 1909. Pour le théâtre : Sapho désespérée en 1906 - ses Mémoires en 1938 et lumières de Honfleur illustrations d'André Hambourg. Aux Editions de la Lieutenance 57 rue de l'Homme de bois 14600 Honfleur : Comtes pour enfants.
> Sonnet des échecs > Colette.org
Arthur Fillon (1900-1974) Il a étudié aux Beaux-Arts de Marseille et de Paris. Exposant du Salon d'Automne et du Salon des Indépendants depuis 1924 .../. EB/G. > haamt.online.fr
Robert Lavoine (1916-1999) Paysagiste, sa peinture est teintée d'expressionnisme. Il expose au Salon des Indépendants .../. EB/G > Honfleur, la jetée, 1943. Aquarelle gouachée. alliance-encheres.com
Bernard Loriot (1925-1998) |
L'ÉCOLE DE HONFLEUR, LE CERCLE ARTISTIQUE DE SAINT-SIMÉON - BIBLIOGRAPHIE
HISTOIRE
ET REPRESENTATION DE LA VILLÉGIATURE EN NORMANDIE - SOMMAIRE