GALERIE NATHANAELLE NEFFE ATELIER DE GRAVURE & LITHOGRAPHIE 14600 HONFLEUR France
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HONFLEUR SOUVENIRS ET REVERIES
la NORMANDIE, les animaux
Toutes les natures de la Normandie s'ouvrent à l'image, et toutes ses images - bocage, fleuve, vie des hommes, mer - s'adonnent à la peinture. Bonington puis Isabey, Huet, Jongkind et Boudin révèlent le lyrisme cru de la nature normande qui casse l'image pittoresque de la lithographie. Vient en écho la célèbre phrase de Boudin : « Les romantiques ont fait leur temps. Il faut désormais chercher les simples beautés de la Nature .../. Faire éclater l'azur. » .../. Alain Tapié in Peindre en Normandie pg XVI. De Cherbourg à Dieppe, il est des sites où Boudin travaille sans s'attarder, d'autres où il reprend l'ouvrage, répétant le même thème sous différentes lumières, en différentes saisons. Boudin a peu représenté les côtes du Cotentin. Il peint le port de Cherbourg en 1883, et Saint-Vaast-la-Hougue en 1879, 1888, 1890, 1891, 1892 et 1893. Une trentaine d'oeuvres, dont vingt réalisées en 1892, montrent le rivage rocheux à marée basse. Le 21 " septembre " il est à Cherbourg pour l'inauguration du monument Millet, œuvre des sculpteurs Chapu et Bouteiller. > Falaises vues de la mer - annoté 21 7bre 92. Inauguration du monument Millet - fusain et Rade entourée de maisons mine de plomb. Dept Arts Graph Louvre. Pour les plages de la Baie de Seine, de Bénerville à Honfleur, nous connaissons la variété des sujets représentés, le grand nombre d'oeuvres recensées, datées de 1850 à1897. L'arrière-pays normand n'a jamais eu, pour Boudin, le même attrait que les côtes. Il reconnaît que Lisieux est une jolie ville, un pays de vieilles maisons, il trouve à Caen un intérêt, il peint à Fervaques chez Jacquette (moins de dix oeuvres), dont l'amitié le fait rester à l'intérieur des terres en 1872, 1875, 1877, 1881, 1882 et 1884. Boudin s'égare à Vimoutiers en 1875, là encore chez un ami, Hippolyte Fortin, et il réalise deux vues de la ville. Près de Trouville, il peint l'arrière-pays, à cet endroit où la campagne, traversée par la Touques, rejoint la mer. Cette rivière a exerce sur Boudin une attraction particulière. Elle débouche à Trouville, et elle subit le rythme des marées. Elle a sa vie propre, intense. ses crues, ses marécages, et les laveuses travaillant sur ses rives. Les barques, échouées sur la grève, et le pont reliant Deauville à Trouville, retiennent son attention à maintes reprises. En amont, La Touques coule dans la campagne, traverse de gras pâturages et de vieux bourgs - Saint-Arnoult, Fervaques, Pont-l'Évêque... -. > Cour bordée de maisons fusain et aquarelle. Dept Arts Graph Louvre. Si l'on fait exception de ce pays d'Auge verdoyant, Boudin est peu attiré par la campagne normande. L'étang et le moulin de Saint-Ceneri ont du charme pour lui en 1890 et 1892 le paysage est alors égayé par la présence de l'eau mue par la roue du En 1893. il réalise un tableau à Elnery, dans l'Orne, où il peint la rivière et nous savons par ses carnets de comptes que Boudin a vendu quelques paysages de l'Eure à ses débuts. En Haute-Normandie, Boudin a travaillé principalement au Havre : le port, les bassins, la jetée (deux cent trente oeuvres environ). A la fin de sa vie, il regrettera d'ailleurs d'avoir détruit ou effacé entre autre une série de vues du vieux Havre. portes, remparts et architectures que j'avais pris la peine de faire dans ma jeunesse et que j'ai sottement détruites pour avoir les panneaux. Cette série serait sans prix aujourd'hui pour l'histoire du vieux Havre (1). Sur la côte, Boudin a largement exploré les trois sites de Fécamp, Étretat et Dieppe. Il y retrouve ses sujets de prédilection rivage, port et activité liée à la pêche. Boudin peint Fécamp en 1874, 1875, 1883, 1885, 1886, 1889, 1890, 1891, 1892 et 1894. Ces deux dernières années sont les plus fécondes. Les quelques cinquante oeuvres peintes à Fécamp sont des variations sur les mêmes thèmes : le port. le bassin sous différents effets un matin de septembre, au coucher du soleil, par temps de brouillard. > La jetée de Fécamp aquarelle et crayon. Musée National du Luxembourg / Dept Arts Graph Louvre. Étretat, lieu béni des peintres - Delacroix, Isabey, Courbet, Corot, Jongkind, Monet... - l'attire. Il y retrouve pêcheurs et laveuses, évoluant dans le cadre imposant des falaises. Boudin se rend à Étretat de 1854 à 1894. Il traite les falaises par tous les temps. Son style se fait vif et nerveux, de longues touches effilées et colorées évoquent les couches de calcaire accrochant la lumière. A Dieppe, en 1886, 1888 et 1896, Boudin retrouve les falaises, le port, les bateaux à quai et les grands voiliers. Peintre des bords de mer, Boudin a parfois suivi la Seine pour peindre ses rives ainsi qu'il le recommande à Braquaval : Qui vous empêcherait, au fait, d'aller visiter Rouen ? Mais qui' vous empêcherait, étant à Rouen, de descendre la Seine en bateau c'est très facile et peu coûteux. Le vapeur fait escale à Quillebeuf, à Caudebec et même à Honfleur où vous pouvez descendre facilement (2). Boudin a, en effet, fait escale à Quillebeuf en 1893 (une douzaine d'oeuvres) : vues des quais, du bac de La Mailleraye. A Caudebec, en 1889, 1890 et 1892, Boudin peint les bords de Seine avec de beaux effets lumineux, le matin, sous la lune, par temps d'orage. Ses voyages le conduisent enfin à Rouen, où il réalise, en 1895, une douzaine d'oeuvres représentant la Seine près de la Côte Sainte-Catherine, les quais près du Pont Corneille. Là encore son oeil essaie de capter les turbulences atmosphériques. Les péniches sur la Seine font partie du décor et ces tableaux évoquent les oeuvres d'un autre peintre Normand, Albert Lebourg. Intéressé par l'activité fluviale de Rouen et la vie de ses quais, pourquoi Boudin n'a-t-il pas peint les quais de Paris, près de Notre-Dame ou de l'institut ? S'il a négligé Paris, Boudin s'est arrêté à Argenteuil où, six ans avant Monet, il a fixé sur la toile la fête des régates. Sa vision a inspiré celle de Monet : vue de la Seine, du pont au loin, de la berge et des promeneurs (3) Boudin traite ce sujet comme il met en place, à la même époque, la plage de Trouville, le fleuve remplaçant la mer. Dans le choix de ce thème, Boudin fait encore oeuvre de précurseur. d'après Anne-Marie Bergeret-Gourbin Conservateur du Musée Eugène Boudin in catalogue de l'exposition EUGENE BOUDIN - pg 105/106 - Honfleur Greniers à sel Musée Eugène Boudin 11avril~12juillet 1992 Coédition et diffusion par l'association "Eugène Boudin-Honfleur 92" et les éditions Anthèse - 2e trimestre 1992
> Femmes normandes portant des paniers Paysans et marins normands Femmes normandes Normande, en coiffe ... Département des Arts Graphiques du Musée du Louvre |
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Eugène Boudin en train de peindre des vaches dans la campagne normande Musée Eugène Boudin
par Henri Michel-Levy (1845-1914) Il débute au Salon de 1868 dans une facture réaliste un peu sombre. Sa palette va peu à peu s'éclaircir au contact des peintres qu'il fréquente : Boudin, qu'il croque en train de peindre des vaches. Monet, qu'il rejoint en Hollande en 1871. J-S. Klein. |
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Vaches dans la vallée de la Touques
(titre actuel.) Vers 1881-1887. Huile sur toile. 32 x 45. Boudin crée ici la profondeur par un jeu habile de dissolution des contours, de moins en moins précis à mesure que les formes sont éloignées de l'observateur (technique tout à fait inconnue des animaliers anciens). Ce procédé accentue également l'impression de mouvement et de luminosité. Don Katia Granoff au musée en 1959.
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A côté des ciels, des atmosphères et des plages, existerait-il un autre versant de l'art du peintre tourné vers la représentation animalière ? Celle-ci est souvent présente dans des dessins, esquisses peintes sur des supports variés, toile, bois, carton. De dimensions parfois fort réduites, au fil des années, ces oeuvres témoignent du travail quotidien de l'artiste sur le motif dans l'environnement naturel d'une région où cette présence animalière abonde. Dès les premières années, tout un bestiaire apparaît : vaches au pâturage, moutons, animaux de basse-cour. Les études peintes, conservées au Musée du Havre réalisées entre 1855 et 1865, montrent les animaux de façon rapprochée, avec pour objet l'étude de la lumière sur les couleurs de la robe de l'animal. La lumière est souvent contrastée, prend des allures de faisceau directionnel, et permet à l'artiste de cerner au plus près la forme de l'animal. A la même période, d'autres panneaux ou toiles montrent des alignements répétitifs de canards ou de vaches dans différentes postures, alliant là encore couleurs et précisions anatomiques. Le travail est moins abouti que dans la représentation animalière, telle que Boudin l'aborde simultanément dans de nombreuses natures mortes. La peinture de l'animal apparaît comme une sorte d'entraînement dans un premier temps assez éloigné du paysage. Les cadrages choisis ignorent l'environnement et l'atmosphère lumineuse générale comme dans les études réalisées sur de petits personnages assis, debout, devisant sur les plages, les ports ou sous les feuillages. Ces années à. l'animal apparaît comme un thème d'étude. Un large ensemble d'oeuvres animalières, datées des années 80, traduit un changement d'approche. Que le paysage soit entièrement caractérisé, ou que seules apparaissent quelques notations : ligne d'horizon, herbage, eau, ciel, il est clair que. désormais, il est impossible de différencier les oeuvres animalières des paysages. Plus ou moins réalistes avec un seul troupeau paissant, ou juxtaposant des animaux d'échelles parfois différentes, ces études n'offrent plus le même traitement soigneux. centre sur l'animal. Les contours s'ouvrent, et le peintre, procédant de l'essai le plus vague à la réalisation la plus aboutie., fait apparaître que l'exercice de la peinture, quel que soit le sujet traite, est un étrange assemblage de traits et de touches. L'animal est simplement un point où se condensent plus intensément les taches de couleurs. Vers 1885-1890, plusieurs études de chevaux apparaissent. Le cheval, qui en peinture est volontiers représenté en mouvement souvent violent, est chez Boudin complètement statique, vu de profil. dans quelques unes, la recherche du ton vrai coïncide avec le rendu minutieux de la robe mais ne traduit jamais d'observation du modelé musculaire. Cette approche du cheval démontrerait, s'il était nécessaire, que Boudin n'est pas un peintre animalier. Ciel, animaux, prairie ont la même présence et. l'intérêt de l'oeuvre est vraiment le rendu de la lumière par la couleur. L'animal est un prétexte, il fait partie du paysage; l'anime, au même titre que les crinolines rendent vivantes les plages, les voiles et les marins, les ports. d'après Françoise Cohen in catalogue de l'exposition EUGENE BOUDIN - pg 134 - Honfleur Greniers à sel Musée Eugène Boudin 11avril~12juillet 1992 Coédition et diffusion par l'association "Eugène Boudin-Honfleur 92" et les éditions Anthèse - 2e trimestre 1992
> Intérieur d'un hangar avec vaches et chevaux. Fusain, pastel, papier lilas, crayon noir. Etudes de chevaux et de moutons Etudes d'homme tenant un cheval .../. Cheval de course .../. Femmes dans une " Daumont " et un jockey à cheval. Dept Arts Graph Louvre. > Attelage à la d'Aumont. > Attelage en tandem route de Honfleur Trouville |
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Vaches au pré vers 1854-1862 pastel 17.5 x 28.5cm
Peut-être le numéro 279 de la vente de l'atelier, intitulé Animaux aux pâturages. Donation Hambourg-Rachet au Musée Eugène Boudin de Honfleur en 1988. Le musée conserve également : Cheval à l'écurie (titre actuel). Vers 1881/87. Huile sur panneau bois. 32 x 41 cm.. Legs de l'artiste à sa ville natale. Le Département des Arts Graphiques du Musée du Louvre conserve plusieurs centaines d'études de bovidés ... réalisées par Eugène Boudin |
L'ÉCOLE DE HONFLEUR, LE CERCLE ARTISTIQUE DE SAINT-SIMÉON - BIBLIOGRAPHIE
HISTOIRE
ET REPRESENTATION DE LA VILLÉGIATURE EN NORMANDIE
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