GALERIE NATHANAELLE NEFFE ATELIER DE GRAVURE & LITHOGRAPHIE 14600 HONFLEUR France
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HONFLEUR SOUVENIRS ET REVERIES
les MAÎTRES ANCIENS - Boursier de la ville du HAVRE
De 1847 a 1853. Boudin réalise. pour quelques amateurs, dont M. Taylor, du Havre, des copies d'après les maîtres. Boudin exécute ce gagne-pain sans déplaisir, car il croit à l'observation des anciens. Il l'exprime dans une lettre à son frère en 1847, et le répète a ses amis Ferdinand Martin en 1869 et Braquaval en 1895. A (son frère) Louis, il avoue : ... Perdu au milieu de cette grande ville - (Paris), on n'a que la ressource des cafés et des restaurants j'aime mieux mettre ma journée a profit en copiant un Ruysdaël (Jacob Isaaksoon Ruisdaël 1628-1682) Je ne rapporterai pas beaucoup d'études car j'ai plus regardé qu'exécuté, mais j'aurai vu avec profit... (1). A Martin, Boudin conseille d'essayer quelques esquisses d'après des beaux tableaux flamands (2). A Braquaval, il conseille également de voir les maîtres surtout les Hollandais (3). Il ressort de ces textes toute la considération que Boudin porte aux peintres des Écoles du Nord. Les copies conservées aux musées de Honfleur et du Havre en témoignent : Ruisdaël, A. van Ostade, Potter, A. van de Velde, Snyders, Hondecoeter... L'une de ses premières admirations se porte cependant sur un anglais, Joshua Reynolds (4). Regarder les maîtres anciens est une attitude commune à l'époque, et Eugène Boudin assume naturellement cette tradition : les anciens ont pour lui le génie enchanteur (5). C'est en 1849. qu'à la faveur d'un voyage en Belgique, il visite le musée de Tournai, la cathédrale et son tableau de van Dyck. Ce dernier retient son attention, et il analyse dans un portrait observé le front violacé où la pensée s'est assise-les demi-teintes sont tellement combinées qu'on les sent tourner sur son fonds-le ton est légèrement citronné avec un mélange de violet (5). Taylor, celui du Havre, lui promet quelques profits en lui commandant, le 14 novembre de la même année, la copie de la Halte de voyageurs de van Ostade ... des Lancret et Vernet... Mais Taylor souhaite de vraies copies, et bien terminées (6). Les carnets de comptes d'Eugène Boudin, pour les années 1850-1860, révèlent qu'il livra à Taylor une copie de van Goyen le 6 janvier 1853. et un Ruisdaël et un Cuyp, pour 80 F les deux, le 20juin 1853 (7). Bénéficiaire d'une bourse de la municipalité du Havre, Boudin se doit d'envoyer à sa ville bienfaitrice, pour son musée, copies et oeuvres personnelles. les copies étant considérées comme des oeuvres à part entière. C'est alors que La Prairie d'après Potter et Tempête près des digues de Hollande d'après Ruisdaël sont versées dans les collections du musée. Le 24 juillet 1851, Boudin s'inscrit au Louvre, comme élève-copiste, inscription renouvelée le 10 mars 1853 (8). Il écrit à son frère le 26juillet 1851 :je ne suis allé au Louvre que mardi ( ... ) mais j'ai été bouleversé par l'impression que j'en ai reçu. Il faut travailler avec bien du courage, va, pour faire quelque chose qui vaille après tant de chefs-d'oeuvre J'ai commencé plusieurs copies : tous les matins, nous y sommes à huit heures et nous travaillons ( ... ) presque quatre heures (5).
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LA PLAGE DE SCHEVENINGEN
copie d'après A; van de Velde (titre actuel). Vers 1851/1855 huile sur papier collé 32 x 41 cm. D'après Noble équipage cheminant sur la plage de Scheveningen tableau peint par Adriaen van de Velde en 1660 (musée du Louvre, inv, 1915 identification J. Foucart) Legs de Boudin à sa ville natale. Honfleur Musée Eugène Boudin. |
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L'accumulation de ces détails nous confirme, pour une période moins connue de la vie de Boudin, ses goûts et son analyse fine. Son oeil restitue, dans certaines de ses créations de l'époque, les leçons qu'il a apprises auprès des maîtres hollandais (9) La peinture française du XVIIIe siècle l'a certainement attiré, Watteau (copie de l'Embarquement pour Cythère, musée Boudin) Chardin (certaines natures mortes l'évoquent), ou encore la peinture italienne (copie d'après Salvatore Rosa) (10). On peut déplorer qu'il reste si peu de copies faites par Boudin : les a-t-il détruites, ou, plus vraisemblablement, ces oeuvre non signées, sont-elles conservées, mais sans l'attribution exacte à leur auteur véritable ? .../. d'après Anne-Marie Bergeret-Gourbin, Conservateur du Musée Eugène Boudin in catalogue de l'exposition EUGENE BOUDIN Honfleur Greniers à sel Musée Eugène Boudin 11avril~12juillet 1992 Coédition et diffusion par l'association "Eugène Boudin-Honfleur 92" et les éditions Anthèse - 2e trimestre 1992
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TOURTEAUX, HOMARDS ET POISSONS
(cat. vente 1861), dit NATURE MORTE A LA RAIE. Avant 1861. Huile sur toile 72 x 97cm. Monogramme : E B bord droit
A l'origine, Boudin n'avait donc pas mentionné la raie dans le titre de l'oeuvre, mais la référence au tableau de Chardin (Louvre, inv. 3197) était si forte que ce titre finit par l'emporter. Chardin inspira beaucoup les peintres de natures mortes, particulièrement ceux qui, comme Boudin, se montraient sensibles au réalisme et à la peinture des écoles du Nord. Les variations sur le thème de la raie furent nombreuses au cours du dix-neuvième siècle. Citons en simplement une, par Amand Gautier, déposée par l'État au musée de Rochefort en 1896 (Archives de France, Fonds F21). Comme Chardin, Boudin met en scène des ustensiles quotidiens, un torchon blanc, devant une niche. Mais Chardin apporte une note d'humour, avec le chat effrayé et le curieux sourire de la raie. A cette date, Boudin se montre moins préoccupé de lumière que Chardin.
Vente Boudin, Le Havre, 10/01/61, n° 15, estimé 30 F, acheté 46 par Vals ; gal. Georges-Petit, Paris ; vente, Paris, Drouot, 16 mai 1925, n° 58 ; Jean Schmit, Paris ; Mme Loriot, Paris ; vente, Paris, Drouot, 27/05/1963, n° 87, 8 500 F ; don de Katia Granoff au musée en 1963.
Honfleur, Musée Eugène-Boudin (inv. 63-1 - 1.) (Schmit 59). |
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Le Musée Eugène Boudin conserve également parmi 93 oeuvres de l'artiste : l'embarquement pour Cythère et femme à la chèvre d'après François Boucher (1703-1770), provenant du legs Boudin.
(1) À son frère Louis, 5 avril 47 (documentation du musée d'Orsay). (2) A F. Martin, 14 juin 64 (Bibliothèque. d'Art et d'Archéologie.). (3) À Braquaval, mars 95 (collection particulière.). (4) 4 août 47 : J'ai commencé à copier d'après les peintres Josué (sic) Reynolds a été mon premier maître. Jean-Aubry, notes manuscrites (collection particulière (5) Jean-Aubry, notes manuscrites (collection particulière.) (6) 10 juin 52, il reçoit 25 F de M. Taylor pour la réparation de 2 Kuyp (sic). Le 6 janvier 53, Donné à M. Taylor 1 copie de Van Goyen, 1 tableau de Mostaert (échange), Reçu 2 Palamèdes. Le 20 juin 53, vendu à M. Taylor 1 Ruisdael et 1 Kuyp (80 les 2). Ce même jour, il reçoit 60 F pour copier une oeuvre de Potter (carnets de comptes, collection particulière.). (7) Cartes n° 1439 et 44 1. (8) Si vous n êtes pas autrement occupé, vous pourrez me faire la copie de "la Halte de voyageurs" de Van Ostade - et je voudrais aussi par Ostade un pendant dont je vous laisserais le choix. Il y a aussi plusieurs tableaux de Lancret et Vernet que, si vous ne voulez pas être trop cher, c'est bien possible que je vous recommanderai ( ... ) Je désire qu'ils soient de vraies copies, et bien terminées (sic, Ibidem.). (9) Cf. le portrait de son père, musée Eugène Boudin. (10) Schmit, n° 26.
Eugène BOUDIN, Boursier de la ville du HAVRE
Quoique né à Honfleur d'un père marin, je n'aurai pas l'ingratitude d'oublier que c'est la ville du Havre où j'ai été élevé, qui m'a encouragé et pensionné pendant trois années. Ainsi Boudin commence-t-il le récit de sa vie en 1887 .../ En 1845. Boudin rencontre Millet au Havre. La Normandie, alors, attire de nombreux peintres et Boudin n'aura guère de mal à entrer en contact avec Isabey, Courbet, Ribot, Troyon, Couture. Ces deux derniers le reconnaissent vite pour l'un des leurs Ils sont appelés à témoigner par la Société des Amis des Arts du Havre (1). « je suis très heureux d'être appelé à donner mon opinion sur le talent de Boudin. je le dis avec toute la sincérité de mon âme, non seulement Boudin est appelé à être un grand peintre, mais déjà il peut se mettre en ligne avec la jeune école. Croyez bien que je serais très heureux que mon opinion fût de quelque poids dans la décision du Conseil municipal, tant dans l'intérêt des arts, que dans celui d'un jeune homme à qui l'on ne peut s'empêcher de porter le plus vif intérêt. » C. Troyon « je suis heureux de pouvoir certifier que M. Boudin est un artiste de talent et de grand avenir, et je félicite le Conseil municipal du Havre de vouloir bien aider un jeune homme qui sera un jour, j'en suis très certain, une des gloires de notre école moderne » (Paris, 6 décembre 1850). T. Couture Celle-ci montre, en effet, en 1850 deux oeuvres de Boudin dans une de ses expositions. Les membres de la Commission d'Achat de cette société discernent le talent exceptionnel de Boudin : il prit le crayon, il prit le pinceau et sans autres leçons qu'un sens merveilleux, une volonté opiniâtre, il est devenu peintre, mais peintre créateur, peintre avec son individualité, son originalité personnelle. Ils adjurent le Conseil de contribuer à l'éclosion de ce don en gratifiant l'artiste d'une pension. Pendant trois ans, de 1851 à 1853, la Ville du Havre accordera à Boudin 1 200 F par an : à tâche pour lui de se perfectionner à Paris et d'envoyer quelques oeuvres qui prouveraient ses progrès (2). Deux copies réalisées au Louvre d'après Potter et Ruisdaël attestent bien des intérêts du peintre. C'est avec lucidité que Boudin clôt le chapitre de sa formation : on s'imaginait que j'allais revenir, après trois années d'entretien, un phénix de l'art, j'étais revenu plus perplexe que jamais. La volonté de devenir peintre passe par une clarification des objectifs : Boudin constate la fin du portrait peint, il ne s'adonne au tableau de salle à manger que comme une mesure transitoire pour se réserver au grand oeuvre que seront pour lui la marine et le paysage. Quelqu'ait été l'intérêt de Boudin pour les maîtres est en effet dans l'observation de la nature, l'exercice désormais quotidien, qu'il va affirmer sa perception et la peinture qu'il en donne. J'ai, commencé de travailler d'après nature aujourd'hui - c'est le grand maître (journal, 3 août 47, in Jean-Aubry, notes manuscrites). D'après Françoise Cohen in catalogue de l'exposition EUGENE BOUDIN - Honfleur Greniers à sel Musée Eugène Boudin 11avril~12juillet 1992 Coédition et diffusion par l'association "Eugène Boudin-Honfleur 92" et les éditions Anthèse - 2e trimestre 1992 Durant les trois années qu'il passa à Paris, ou qu'il aurait dû y passer - car il préféra fréquemment le séjour d'Honfleur pour y travailler - Boudin s'employa avec un esprit prudent, pondéré et ordonné, à l'étude de sa propre nature; le contact des maîtres au Louvre ou des peintres vivants ne lui servit, comme aux artistes vraiment personnels, qu'à prendre une constante leçon d'indépendance, à mesurer mieux les ressources de son propre tempérament. P. 16 Eugène Boudin par G Jean-Aubry, 1977.
(1) Ces Messieurs de la commission n'eussent pas trop osé s'en rapporter à leurs lumières s'ils n'avaient eu votre opinion ainsi que celle de M. Couture pour se rassurer brouillon de lettre à Troyon in Jean-Aubry, notes manuscrites). (2) La municipalité invite M. Boudin à envoyer chaque année au Havre un ou plusieurs tableaux destinés à prendre place au musée s'ils en sont jugés dignes (Jean-Aubry p.16) Monsieur le maire étant au reste autorisé à suspendre l'allocation s'il vient à lui être démontré que le titulaire n'apporte pas à ses travaux le zèle et la persistance qu'on doit attendre de lui (De Knyff. p. 36). |
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L'ÉCOLE DE HONFLEUR, LE CERCLE ARTISTIQUE DE SAINT-SIMÉON - BIBLIOGRAPHIE
HISTOIRE
ET REPRESENTATION DE LA VILLÉGIATURE EN NORMANDIE
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