GALERIE NATHANAELLE NEFFE ATELIER DE GRAVURE & LITHOGRAPHIE 14600 HONFLEUR France
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HONFLEUR SOUVENIRS ET REVERIES
Charles BAUDELAIRE Eugène BOUDIN Honfleur, les CIELS
En Janvier 1859 Charles Baudelaire (1821-1867) rend visite à sa mère - remariée au Général Aupick - (1) à Honfleur. Il écrira plusieurs poèmes « Nouvelles fleurs faites, et passablement singulières ./... ». Le 29 avril : Il s'apprête à expédier son compte-rendu de Salon à la Revue Française (correspondance. Baudelaire). « Avant de publier mes Curiosités (Esthétiques), je fais encore quelques articles sur la peinture (les derniers) et j'écris maintenant un Salon sans l'avoir vu. Mais j'ai un livret. Sauf la fatigue de deviner les tableaux, c'est une excellente méthode que je te recommande. On craint de trop louer ou de trop blâmer, on en arrive ainsi à l'impartialité. » à Nadar in G. JEAN-AUBRY deuxième édition - pg 32. Dans une seconde lettre à Nadar datée du16 mai 1859, il précise : « Quant au Salon, hélas, je t'ai un peu menti, mais si peu. J'ai fait une visite, consacrée à chercher les nouveautés, mais j'en ai trouvé bien peu, et pour tous les vieux noms, ou les noms simplement connus je me confie à ma vieille mémoire, excitée par le livret. Cette méthode, je le répète, n'est pas mauvaise à condition qu'on connaisse bien son personnel. » ibidem. (1) Gustave Moreau a représenté le Jardin de la Générale Caroline Aupick et donné des vues de Honfleur. Images et notices culture.gouv.fr
Compte rendu du Salon de 1859 par Charles Baudelaire au sujet des oeuvres d'Eugène Boudin : " Oui, l'imagination fait le paysage. Je comprends qu'un esprit appliqué à prendre des notes ne puisse pas s'abandonner aux prodigieuses rêveries contenues dans les spectacles de la nature présente; mais pourquoi l'imagination fuit-elle l'atelier du paysagiste? Peut-être les artistes qui cultivent ce genre se défient-ils beaucoup trop de leur mémoire et adoptent-ils une méthode de copie immédiate qui s'accommode parfaitement à la paresse de leur esprit. S'ils avaient vu comme j'ai vu récemment, chez M. Boudin qui, soit dit en passant, a exposé un fort bon et fort sage tableau " le Pardon de sainte Anne Palud ", plusieurs centaines d'études au pastel improvisées en face de la mer et du ciel, ils comprendraient ce qu'ils n'ont pas l'air de comprendre, c'est-à-dire la différence qui sépare une étude d'un tableau. Mais M. Boudin, qui pourrait s'enorgueillir de son dévouement à son art, montre très modestement sa curieuse collection. Il sait bien qu'il faut que tout cela devienne tableau par le moyen de l'impression poétique rappelée à volonté; et il n'a pas la prétention de donner ses notes pour des tableaux. Plus tard, sans aucun doute, il nous étalera, dans des peintures achevées, les prodigieuses magies de l'air et de l'eau. Ces études, si rapidement et si fidèlement croquées d'après ce qu'il y a de plus inconstant, de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur, d'après des vagues et des nuages, portent toujours, écrits en marge, la date, l'heure et le vent; ainsi, par exemple: 8 octobre, midi, vent de nord-ouest. Si vous avez eu quelquefois le loisir de faire connaissance avec ces beautés météorologiques, vous pouvez vérifier par mémoire l'exactitude des observations de M. Boudin. La légende cachée avec la main, vous devineriez la saison, l'heure et le vent. Je n'exagère rien. J'ai vu. A la fin tous ces nuages aux formes fantastiques et lumineuses, ces ténèbres chaotiques, ces immensités vertes et roses, suspendues et ajoutées les unes aux autres, ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, fripé, roulé ou déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu, toutes ces profondeurs, toutes ces splendeurs, me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse ou comme l'éloquence de l'opium. Chose assez curieuse, il ne m'arriva pas une seule fois, devant ces magies liquides ou aériennes, de me plaindre de l'absence de l'homme. Mais je me garde bien de tirer de la plénitude de ma jouissance un conseil pour qui que ce soit, non plus que pour M. Boudin. Le conseil serait trop dangereux. Qu'il se rappelle que l'homme, comme dit Robespierre, qui avait soigneusement fait ses humanités, ne voit jamais l'homme sans plaisir; et, s'il veut gagner un peu de popularité, qu'il se garde bien de croire que le public soit arrivé à un égal enthousiasme pour la solitude. " Curiosités Esthétiques Salon de 1859. VIII. Le Paysage. Curiosités esthétiques [Document électronique] ; L'art romantique : et autres oeuvres critiques / Baudelaire ; [textes établis par Henri Lemaître,...] gallica.bnf.fr
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CIEL COUVERT SUR LA MER pastel 14 x 20 cm vers 1854/59
CIEL NUAGEUX et LUNE pastel 14 x 18.5 vers 1854/59
COUCHANT SUR LA MER pastel 14 x 20 vers 1854/59
LUNE ET CIEL COUVERT pastel 14 x 18.5 vers 1854/59
Legs de Boudin à sa ville natale. Honfleur Musée Eugène Boudin |
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" BOUDIN-BAUDELAIRE « Devant ces prodigieuses magies de l'air et de l'eau... » Les lignes que Baudelaire consacre au paysagiste Eugène Boudin dans le Salon de 1859 sont placées sous le signe de l'enthousiasme (un enlèvement de l'âme, comme il aime à traduire). Elles font ressortir la parenté qui unit le poète du spleen et de l'idéal au peintre des vagues et des nuages, comme si ce dernier accomplissait la loi de l'art tel que le définit le premier : une magie suggestive, opérant constamment le passage de la nature extérieure, positive et immédiate, au surnaturalisme de l'intériorité, de la spiritualité, de l'aspiration à l'infini. D'un autre peintre, Eugène Delacroix, Baudelaire dira semblablement c'est l'infini dans le fini, c'est le rêve, en précisant que par rêve, il entend non pas les capharnaüms de la nuit, mais la vision produire par une intense méditation ou dans les cerveaux moins fertiles par un excitant artificiel. Vision entretenue par une sorte d'illusion et accompagnée de la volupté sensuelle qui, selon les mots du poète, circule dans les lieux hauts. De la même façon. les beautés météorologiques d'Eugène Boudin - ces instantanés portant la date, l'heure et le vent - sont ici promises à délivrer, comme un message, des beautés qu'on appellera métaphysiques, indiquées par un immense accroissement de l'espace et polarisées par une dramaturgie de la lumière et des ténèbres. Dans ce changement de scène qui sans transition mène du jeu des sensations au théâtre de l'âme, un rôle décisif paraît confié aux vagues et aux nuages : ils sont les vecteurs d'une métamorphose constante de la terre en ciel et du ciel en terre, fondant un système d'analogies et de correspondances à l'échelle cosmique. |
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NUAGES BLANCS CIEL BLEU vers 1854/1859 pastel sur papier 16.2 x 20.8
COUCHANT ET FALAISE (ETRETAT) pastel sur papier, annotations illisibles.. Legs E Boudin à la ville de Honfleur
Ciel nuageux au-dessus d'une mer calme. mine de plomb - gouache blanche - papier beige 18.9 x 25.4. Musée du Louvre, Département des Arts graphiques.
NUAGES BLANCS pastel 15 x 22 vers 1854/59. Legs Eugène Boudin à la ville de Honfleur. Musée Municipal Eugène Boudin |
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A travers Baudelaire, Eugène Boudin se trouve alors réinséré dans un vaste champ culturel, où il communique non seulement avec le peintre Delacroix, mais aussi avec ces poètes où l'auteur « des Fleurs du mal » détecte la présence d'un même rêve, ouvrant la voie à l'excessif, au superlatif, voire à l'hystérique. Il s'agit alors de Théophile Gautier ou de Victor Hugo, de Marceline Desbordes-Valmore ou de Théodore de Banville. Mais ce peut être également le musicien Wagner, dont les illuminations offrent des voluptés qui ressemblent à celle de monter dans l'air et de rouler sur la mer. Cela étant, la Beauté de Baudelaire tire sa spécificité du contraste qui, chez lui, oppose l'idéal au spleen, comme l'extase de la vie à l'horreur de la vie. De ce contraste naît la formule d'un romantisme forcené, à la mesure de la nervosité moderne. Cet ultra-romantisme n'est-il pas projeté arbitrairement sur l'oeuvre du peintre Eugène Boudin, aux harmonies réputées tranquilles ? Ce serait oublier, peut-être, les accents baudelairiens de son esthétique déclarée : « Nager en plein ciel, arriver aux tendresses des nuages, suspendre ces masses, au fond, lointaines dans la brume grise, faire éclater l'azur ». Ce serait aussi faire trop bon marché de la relation que Baudelaire peut avoir, en partant de ses propres conceptions, avec l'impressionnisme encore à venir, anticipé comme une audacieuse aventure quand il écrit à propos de la couleur : « Supposons un bel espace ce nature où tout verdoie, rougeoie, poudroie et chatoie en pleine liberté, où toutes choses, diversement colorées, suivant leur constitution moléculaire, changées de seconde en seconde par le déplacement de l'ombre et de la lumière, et agitées par le travail intérieur du calorique, se trouvent en perpétuelle vibration, laquelle fait trembler les lignes et complète la loi du mouvement éternel et universel. » " Philippe Ivernel in catalogue de l'exposition EUGENE BOUDIN Honfleur Greniers à sel Musée Eugène Boudin 11avril~12juillet 1992 Coédition et diffusion par l'association "Eugène Boudin-Honfleur 92" et les éditions Anthèse - 2e trimestre 1992
> Ciel nuageux Etude de ciel avec des nuages blancs Etude de ciel au soleil couchant Etude de nuages Etude de nuages II Etude de nuages III Etude de ciel Etude de ciel II Etude d'un ciel chargé Etude d'un ciel chargé II Etude de cieux Etude de ciel à Dieppe ... Département des Arts Graphiques du Musée du Louvre
Gustave Moreau (1826-1898) .../. forma de nombreux élèves et eut sur la peinture moderne une influence considérable puisque c'est de son atelier que sortirent la plupart des jeunes artistes qui constitueront le groupe des " Fauves " : Matisse, Georges Rouault, Marquet, Manguin, Camoin, Desvallières, Flandrin, Simon Bussy, Piot, Sérusier, Charles Milcendeau .../. il faut aller découvrir le pouvoir visionnaire dans ses illustrations des " fables " de La Fontaine, de 1881-1885, et surtout dans la profusion d'aquarelles et d'esquisses conservées dans son ancien hôtel particulier, institué en musée .../. EB/G |
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Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud au fond de la Baie de Douarnenez (Finistère) selon le livret du Salon, dit : Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud 1858. Huile sur toile 78 x 155 cm. Composition inspirée de la Kermesse de Rubens. Vendu par l'artiste à la ville du Havre le 20 avril 1860. Conservé par le musée André Malraux, le Havre
29 février 1860 j'ai offert mon tableau (Le Pardon) au musée l'achèteront-ils ? ./... J. Louvre (3) . 4 mars : Beaucoup de peine pour arracher à cette municipalité ces malheureux cinq cents francs de mon Pardon J. Louvre. 20 avril reçu de la Ville pour le Pardon 500 cadre compris (cc). in G Jean-Aubry 77
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> Le pardon de Sainte-Anne-la-Palud, étude et Tentes dressées : esquisse pour la pardon de Sainte-Anne-la-Palud Dept Arts Graph Louvre |
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L'ÉCOLE DE HONFLEUR, LE CERCLE ARTISTIQUE DE SAINT-SIMÉON - BIBLIOGRAPHIE
HISTOIRE
ET REPRESENTATION DE LA VILLÉGIATURE EN NORMANDIE
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